Lundi 14 décembre 2009 1 14 12 2009 15:46



L’exercice autobiographique dynamité par Brett Easton Ellis.

Un long préambule en inventaire à la Prévert d’aventures mondaines, droguées, sexuelles, friquées, décadentes du jeune écrivain à succès, celui du néo classique, épouvantable de violence, American Pycho.

Et puis c'est l’installation dans un pavillon de banlieue américaine pour devenir un Desperate Writer en proie à des visions, des visites, des hallucinations, des mascarades grotesques, dérangeantes, gores perturbant un fragile équilibre mental.

Ca commence légèrement avec les frasques, ça finit en un long délire paranoïaque. On ressent les meurtrissures de l’incompris, l’isolement, le doute comme un supplice psychotique. Ce roman a le gout d’une agonie et l’auteur nous intrigue un peu plus lorsqu’il déclare à ce sujet : « Je ne veux pas avoir à clarifier ce qui est autobiographique et ce qui l’est moins, (…) Au lecteur de décider ce qui, dans Lunar Park, a bien eu lieu. »

 

Scène ordinaire en tournée promo :

 

« S’il n’y avait pas de drogues disponibles, je me sentais beaucoup moins investi dans l’affaire. Par exemple, puisqu’un dealer que je connaissais à Denver s’était fait - sans que je le sache à mon arrivée – poignarder à mort, à coups de tournevis dans la tête, je devais annuler mon apparition à cause de manque de dope (je me suis échappé du Brown Palace et on m’a trouvé sur la pelouse devant l’appartement d’un autre dealer, gémissant, mon portefeuille et mes chaussures volées, mon pantalon sur les chevilles). Sans drogue, j’étais incapable de me doucher, terrifié de ce qui pourrait sortir du pommeau de douche. De temps en temps, lors d’une signature, une groupie qui laissait entendre qu’elle avait de la drogue était entraînée dans ma chambre d’hôtel et tentait de me ramener à la vie avec de la dope et une pipe (ce qui exigeait une immense patience de la part de la groupie). « Il ne faut pas plus d’une semaine pour décrocher de l’héroïne » disait, pleine d’espoir, l’une de ces filles tout en essayant de se dévorer le bras après avoir constaté que j’avais consommé ses six sachets de smack. Sans drogue, j’étais convaincu que le propriétaire d’une librairie de Baltimore était en fait un puma. Si ce genre de truc pouvait se passer, comment aurais-je enduré, sobre, un vol de six heures jusqu’à Portland ? »

Par Bardamu - Publié dans : Livres
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 11:42






Hier, métro ligne 7, station Châtelet. Dans la rame, un type est agenouillé sur son synthétiseur. Un grand clodo black, avec des dreads multicolores, un gros bitos marron. Il a la carne de la trogne bien burinée et les yeux enfumés. Il se lève. Il braille un slam goguenard au milieu de la foule médusée, gênée, indifférente ou hilare.

 

Ce grand échalas kabukise sur un beat (à peine) binaire pré-enregistré un dialogue avec une de ses marionnettes, voix de fausset d’une gamine de 9 ans : « Moi, je suis à côté de la balançoiiiiire ! J’vais sauteeerr !! », voix grave à la Run DMC « je chante pour Pierre et Marie Curie, et j’espère, ce soir, manger du riz au curryyy !! ».

 

Il se dandine, se tortille devant une mamie blafarde, éclate d’un rire profond, hurle à la joie, invective les voyageurs, exhibe sa marionnette, insulte la « Crise ». Il ne s’arrête pas, il s’époumone, le showman, Jussieu, Place Monge, les arrêts défilent sans que le flow ne s'estompe.

 

J’allais garder pour moi cette incroyable apparition et puis, au détour d’un forum internet, je suis tombé sur le message d’un voyageur qui a aussi assisté à ce spectacle. Dès lors, ce n'est plus une coïncidence mais le Destin. Voici le témoignage avec photo de GC (je confirme que la ressemblance est beuglante de vérité, même si je pensais, sur le moment, à un mélange physique de Ruby Rod – 5ème élément- et du colonel Kadhafi).

 

Je vous souhaite de tomber un jour sur ce showman, oh oui, comme je vous le souhaite.

 

« Hier soir dans le métro, j'ai croisé le sosie clochard de George Clinton. La même dégaine, avec des bagues au doigt avec des miniatures de comics, des fringues hallucinantes et en plus... une odeur inhumaine.
Je rentre dans la rame. Un mec était à 4 pattes en train de triturer son synthétiseur. Il balance une rythmique techno-cheap 80's improbable et se met à appuyer sur les touches, le tout balançant des sons de scratchs merdiques. Les gens commencent à se marrer mais ce n'était qu'un début.
Le mec agrippe une grosse boite rempli de jouet à coté et en sort une peluche de Spiderman. Il commence à parler avec la peluche et celle-ci lui répond avec une voix enfantine. Tout le monde se marre. Mais le clou du spectacle arrive.
Il commence un hip-hop navrant, totalement à contretemps, avec des paroles démentes "je suis née dans la pisse" "mais qui est tu petit enfant ? Je suis spiderrrrmannn!".
Le show a duré 5 minutes. »

Par Bardamu - Publié dans : Vie Vivante
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 11 2009 10:27


Les mémoires d’Iceberg Slim, légendaire maquereau black des années 40, débutent ainsi :

 

« Ma mère travaillait dur dans une blanchisserie où on lavait le linge à la main. Ses journées étaient longues et elle avait engagé Maude comme baby-sitter à cinquante cents par jour. Maude était une jeune veuve. Etrangement, à Indianapolis, dans l’Indiana, elle avait la réputation d’être une fervente « Holly Roller », ces excités qui prient Dieu dans des transes collectives. […]

La seule chose qui me revienne en mémoire, c’est ce rituel répugnant. Je me rappelle vaguement, non pas les mots qu’elle prononçait, mais son excitation quand nous étions seuls tous les deux. Ce qui reste très vif dans mes souvenirs, en revanche, c’est ce trou noir, odorant, et les poils rêches qui me chatouillaient le visage. Je me souviens aussi très bien de ma panique quant, au plus fort de l’orgasme, elle enfonçait ma tête à coups répétées plus profondément encore dans ce gouffre velu. Je n’arrivais plus à respirer jusqu’à ce qu’elle exhale un long soupir. On aurait dit un énorme ballon noir qui se serait dégonflé en sifflant. Ses muscles alors se détendaient complètement et elle libérait enfin ma tête. Je me souviens de la douleur que provoquait la tension des muscles encore fragiles de mon cou, particulièrement à la base de ma langue. »

 

Iceberg Slim a trois an.

 

 

Le ghetto, les expédients misérables, la ségrégation, les larcins, les truands minables. Iceberg tire son surnom d’une règle d’or qu’il s’est juré : ne jamais perdre son sang-froid, même quand une bastos d’un soufflant vient de lui trouer le bitos. Pour se donner un peu de cœur à l’ouvrage, pas un pore restant qui ne soit imbibé de coke, et puis, il y a les conseils avisés d’un « sage poète de la rue », Glass Top, maquereau agrégé : arroser la police, couvrir un maximum de quartiers, fidéliser la clientèle mais surtout, savoir garder ses filles en manipulant leurs esprits…

 

« Ecoute bien, petit. Un mac se dégote une pute. Il lui fait croire que si elle reste avec lui en bossant bien pour lui remplir les poches, elle trouvera un jour au pied de l’arc en ciel un bon gros fauteuil dans lequel elle pourra s’asseoir confortablement jusqu’à la fin de ses jours en compagnie du bon petit mari que son homme sera devenu. Pour la convaincre de sillonner le bitume, il lui remplit la tête de châteaux en Espagne ;

 

Alors, elle devient le numéro un de l’écurie. Elle se défonce le cul pour éclipser les autres putes de la famille. Au début, c’est facile pour la fille d’être la vedette. Mais à mesure qu’elle vieillit et qu’elle enlaidit, elle doit faire face à des concurrentes plus jeunes et plus jolies qu’elle. Elle n’a pas besoin d’être très intelligente pour s’apercevoir qu’en fait, il n’y a pas de bon gros fauteuil au pied de l’arc en ciel. A ce moment là, elle commence à la trouver mauvaise et elle se met dans la tête que si elle parvient à virer toutes ces jeunes et jolies putes qui entourent son mac, l’arc en ciel pourrait bien finir par exister après tout. Et si ce n’est pas le cas, elle aura quand même réussi à se venger.

 

Quitter une pute, c’est une violation des règles du mac. Une fille comme ça devient une véritable bombe à retardement. Chaque jour, sa valeur marchande se rapproche un peu plus de zéro. Elle est vieille, fatiguée, dangereuse. Si le mac est un con, il va essayer de se débarrasser d’elle en lui collant son pied au cul. Dans ce cas, on est presque sûr qu’elle va le descendre ou s’arranger pour l’envoyer en taule. Mais moi, je suis un génie. Je sais que si une fille s’est fait ramoner par, disons, une dizaine de milliers de michetons, elle ne sait plus très bien où elle en est, dans sa tête. Alors, j’évite de lui montrer que je suis en rogne et qu’elle me dégoûte. Je lui parle comme un gentil psychiatre. Et au lieu de châteaux en Espagne, c’est de l’héro que je lui mets dans la tête.

 

Sa cervelle commence à partir en bouillie. Alors, je m’inquiète terriblement pour elle. Je commence à ajouter de la morphine ou de l’hydrate de chlore à ses shoots. Pendant qu’elle est dans les vapes, je l’asperge de sang de poulet, par exemple. Quand elle se réveille, je lui dis que je l’ai trouvée comme ça dans la rue et que je l’ai ramenée. Je lui dis « j’espère que tu n’as pas buté quelqu’un pendant ta crise de somnambulisme ». Je connais mille façons de faire péter les plombs, je l’ai suspendue à l’extérieur d’une fenêtre, au cinquième étage d’un immeuble. Je lui avais fait un fixe de cocaïne pure pour qu’elle se réveille accrochée à la fenêtre. Je la tenais par les poignets et ses jambes pendaient dans le vide. Elle a ouvert les yeux et quand elle a regardé en bas, elle s’est mise à hurler comme un bébé terrorisé. Elle hurlait toujours quand ils sont venus la chercher. Tu vois petit, je fais passer les affaires avant tout. Il n’y a pas la moindre once de haine en moi. »

 

C’est un grand voyage au bout de la nuit Humaine, complètement terrifiant. Roman d’apprentissage en manuel du mac débutant. Iceberg Slim louvoie entre les flics corrompus, la rude concurrence, les filles plus ou moins loyales, les prisons les plus sordides, les fringues sur mesures et Cadillacs rutilantes, les hôtels minables, les shoots à prendre aussi facilement que des tisanes à la camomille et puis essayer de survivre, au bout du compte…

 

« Pour être un bon mac, il faut être glacial, aussi froid que la chatte d’une pute morte. »  Sweet

 

 

 

Iceberg Slim – Pimp, Mémoires d’un maquereau

Collection « roman noir » - Points

 

Ps : A voir : Coffy avec Pam Grier

Par Bardamu - Publié dans : Livres
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 11 2009 09:53



C’est une nouvelle de Richard Matheson adaptée par Richard Kelly (Donnie Darko et Southland Tales). Matheson, un des dieux de la SF et du fantastique que je vous encourage chaudement à lire et relire. Dérèglements temporels, goules, mutations, fin des temps, on lui doit une montagne de chefs d’œuvre à propos de ce type de réjouissances. Il a un style sobre et classique qui épaissit le mystère et accroche l’attention du lecteur dès les premières pages de ses histoires.

 

C’est un peu pareil au cinéma. Dans Je suis une légende, toute la partie qui précède la révélation des mutants est la plus intéressante du film. Le spectateur navigue à vue face à l’ampleur du désastre dont on connaîtra les arcanes par quelques retours en arrière.

 

Mais ici, la première partie du film atteint carrément une dimension hitchcockienne. On multiplie les fausses pistes, avec un emprunt marqué à l’horrifique (je dois à ce film le plus beau cri de terreur jamais entendu dans ma carrière de spectateur : une jeune femme à ma droite qui s’est éclatée les cordes vocales au moment d’une « surprise en voiture»).

 

Tout commence vraiment avec cet étrange individu, élégant et poli, à la figure ravagée venant proposer un « pacte » sous la forme d’une boîte : appuyer sur un bouton pour « gagner » un million de dollars. En contrepartie : la vie d’une personne.

 

On a pu penser à une erreur de casting avec Cameron Diaz, je l’ai trouvé plutôt à l’aise dans son personnage. Ce qui est regrettable, c’est que ce personnage, justement, subit ce qui se passe et manque d’initiative.

 

Je reconnais que Kelly s’emmêle un peu les pinceaux au fur et à mesure que le récit progresse. On atteint vite le stade du delirium science fictionnel (entre le Destin, la spiritualité, le Faustien, les Aliens, le sacrifice, les grandes questions propres au genre ne manquent pas). Mais c’est le prix de ses ambitions, du souffle épique qu’il cherche à insuffler dans son histoire. Aussi, les références sont d’un goût certain : Invasion of the body Snatchers, X-Files, Klatuu et quelques autres.

 

Cette narration fleurie peut rebuter quelques esprits chagrins, toutefois, le film reste avec le spectateur. Il a quelques séquences mémorables (Cameron qui montre son pied, le choix du « portail », l’ultime scène) et il pose de belles questions (d’aucunes sartriennes !). Le tout sur une musique fort inspirée de 3 membres d’Arcade Fire (Win Butler, Régine Chassagne et Owen Pallett).


Par Bardamu - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 11 2009 12:00



Amanda Blank apparaît enfin dans une cape, audacieux mélange de burqua et de boule disco, après une demie heure de mix laborieux par son DJ, la foule commence à se faire entendre (ça reste propre sur soi, c’est quand même le festival des Inrocks, pas Sziget ou les Eurocks avec des zélotes de Patrick Sébastien  à chaque coin de stands). C’est putassier, outrageant, bien pêchu dans son style, Amanda se déhanche comme une strip-teaseuse hystérique ; bien consciente de ne pas émoustiller ses michetons, elle demande un peu plus d’enthousiasme du public, émet un sobre éloge de Paris et continue de se trémousser sur le beat, tantôt calmos, tantôt hip-hop électro. Elle l’accompagne bien, elle a une belle voix mais c’est tellement différent du groupe suivant, Fanfarlo qu’elle ne glane qu’une mollassonne salve d’applaudissements.

 


C’est le deuxième concert de la soirée pour Fanfarlo qui a joué juste à côté, à La Cigale. C’est vrai, ils ont l’air un peu fatigués, ces jeunes gens, qu’on dirait sortis d’un recalage massif de casting de Big Bang Theory. Dès la deuxième chanson, c’est I’m A Pilot, leur « tube » qui convoque immédiatement les figures d’Arcade Fire ou de Beirut. C’est un reproche qu’on peut formuler, cette impression de déjà entendu, mais les compos sont enlevées, accrocheuses, et les orchestrations live se distinguent pas mal de leurs équivalences studios ; il y a ce même effet de chorale rock, bien nourrie à Funeral. J’attends avec impatience de voir comment vont-ils évoluer, trouver un style à eux qui purgera leur (belle) musique de ce côté « plagiat de Montréal » un peu (beaucoup) collé à leurs basques anglo-suédoises.

 


C’était la première fois que je voyais un concert à La Boule Noire. Une bonne petite salle de concert, en couloir. Si possible, viser les côtés et leurs surélévations (des bancs qui longent les murs), on se hisse dessus et on voit tout le concert en position privilégiée. Bien entendu, il y aura toujours une nana avec la coiffure de Polnareff, bourrée au champagne, qui gesticulera devant soi. Je n’ai pas pu y échapper.

Par Bardamu - Publié dans : Concerts
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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 09 2009 13:05

Flight of the Concords c’est le groupe de musique de Bret et Jermaine, deux néo-zélandais paumés à New York. Leur manager complètement à côté de la plaque, leur unique fan américaine qui les harcèle, le « Yoko Ono » syndrome (irruption d’une petite amie au sein d’un groupe conduisant à la dislocation d’icelui), les plans foireux pour trouver des endroits où jouer, la réalisation d’un clip minable…

 

Ces deux gentils ringards passent par tous les stades du jeune groupe naissant avec un humour très british ; de l’absurde dans le misérabilisme qui rappelle l’esprit (presque) cruel d’un Ricky Gervais (The Office, bien sûr mais surtout Extras, série géniale portant sur les figurants).

 

Chaque épisode de Flight… comprend 2 chansons. Celle-ci, du premier épisode, parle d’une rupture. Une très bonne parodie. Je vous laisse compulser les savoureuses paroles :

 

So, you're leaving, aren't you
I knew it when you said just then and you told me you were leaving
That's when I definitely knew
But if you're trying to break my heart
Your plan is flawed from the start
You can't break my heart, it's liquid
It melted when I met you
And as you turn around to leave
Don't turn back to me
Don't turn around and see if I'm crying
I'm not crying

I'm not crying
It's just been raining
On my face
And if you think you see some tear tracks down my cheeks
Please. Pleasee, don't tell my mates
I'm not crying
No, I'm not crying
And if I am crying
It's not because of you
It's because I'm thinking about a friend of mine you don't know who is dying
That's right, dying
These aren't tears of sadness because you're leaving me
I've just been cutting onions
I'm making a lasagna
For one
Oh, I'm not crying
No
There's just a little bit of dust in my eye
That's from the path that you made when you said your goodbye
I'm not weeping because you won't be here to hold my hand
For your information there's an inflammation in my tear gland
I'm not upset because you left me this way
My eyes are just a little sweaty today
They've been looking around, a lot
Searching for you
They've been looking for you
Even though I told them not to
These aren't tears of sadness
They're tears of joy
I'm just laughing
Ha ha ha-ha ha

I'm sitting at this table called love
Staring down at the irony of life
How come we've reached this fork in the road
And yet it cuts like a knife
I'm not crying
I'm not crying
I'm not cry-y-y-y-y-y-y-y-ing

 

 

 


Cette autre, issue du second épisode, est une moquerie très réussie du style musical des Pet Shop Boys. Là aussi, les lyrics sont exquises :

 

The concrete world is starting to get ya
The city is alive, the city is expanding,
Living in the city can be demanding,
You've pawned everything, everything you own,
Your toothbrush, jar, and a camera phone
You don't know where you're going
You cross the street
You don't know why you did,
You walk back across the street.
Standing in the sitting room, totally skint
And your favorite jersey is covered in lint
You want to sit down, but you sold your chair
So you just stand there
You just stand there
You just stand there
Inner
Inner city
Inner city pressure
Inner city pressure
Counting coins on the counter of the 7-11,
From a quarter past six 'til a quarter to seven,
The manager Bevan starts to abuse me
Hey man, I just want some Muesli,
Neon signs, hidden messages,
Questions, answers, fetishes,
You know you're not in high finance,
Considering getting second hand underpants,
Check your mind, how'd it get so bad?
What happened to those other underpants you had,
Look in your pockets, haven't found a cent yet,
Landlords on your balls, have you paid your rent yet?
Inner
Inner city
Inner city pressure
Inner city pressure
So you think maybe you'll be a prostitute,
Just to pay for your lessons, you're learning the flute,
The ladies won't pay you very much for this,
Looks like you'll never be a concert flautist,
You don't measure up to the expectation
When you're unemployed there's no vacation
No one cares, no one sympathizes
You just stay home and play synthesizers.
Inner
Inner city
Inner city pressure
Inner city pressure

 

 

 

 

 

Par Bardamu - Publié dans : Séries
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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 07 2009 09:18





22h40, devant La Cigale. La foule se disperse sur les trottoirs de Pigalle. Un petit bonhomme tout en cuir, lunettes vissées sur un air renfrogné, se faufile à grande vitesse à travers les grappes éparses de spectateurs, c’est Philippe Manœuvre, se hâtant afin, très certainement, de ne pas s’attirer des fâcheux aux basques…Nous, on s’essuie les chemises…pour la première fois de ma vie, après un concert, j’ai les phalanges fripées, comme après un bain…

 

2 heures avant, The Dead Weather, le 3ème groupe actuel de sa majesté Jack White, entre en scène. VV, la killeuse, partie folâtrer sur d’autres terres depuis que son acolyte, Jamie Hince, butine la brindille Kate Moss, le suit nonchalamment. Deux autres zigues se radinent aussi, un monsieur à tête de premier de la classe informatique au collège, intérimaire aux Raconteurs et un autre, issu des Queens Of The Stone Age.

 

Cette fine équipe s’installe et dans la fosse, c’est déjà à gros bouillons que la sueur imprègne les corps englués les uns dans les autres. VV se déchaîne tout de suite sur les coups enragés de Jack sur les batteries. Pogo qui commence et qui s’arrête aussi rapidement, car Jack affectionne les violentes ruptures de rythme. Mouvement de foule qui comprime les petits gabarits, des loupiotes affolées qui ne s’attendaient pas à voir débarquer un quarteron de pourceaux particulièrement bourrins. Comme je suis fourbe et vieux, je parviens à m’immiscer entre 3 jeunes donzelles, et ce, pour le reste du concert.

 

Ils envoient le pâté dans nos portugaises à grands renforts de convulsions bluesy, de riffs torturés, saturés, martelés avec la puissance, l’aura, la colossale folie de Jack, le chef d’orchestre punk valdinguant sa coiffure hirsute au visage de VV et de sa gestuelle « humide ». Les soubresauts électriques se poursuivent, s’entrelacent brutalement, un type se hisse et court vers VV pour lui décocher un bécot, il saute juste à temps avant qu’un des techniciens ne l’agrippe, VV tourne sur elle-même, comme prise de vertige avant de retomber dans les épaisses pulsations rock…


Par Bardamu - Publié dans : Concerts
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