JG Ballard vient de mourir. J’ai lu Super-Cannes de lui. C’était une bonne histoire, je retrouvais un peu de l’esprit délicieusement malsain de Chuck Palahniuk.

 

Cette élite d’hommes d’affaires, scientifiques, et VIP divers, qui se défoulait dans la torture, les orgies et les narcos évoquait le défouloir primaire des Fight Club. C’était absurde, surréaliste et complètement terrifiant.

 

 

­ Dans «Super-Cannes», vous montrez que les pires pulsions, morbides et sexuelles, constituent la face cachée de l'ordre libéral mondial...

 

JG Ballard : La seule obsession des grandes multinationales, c'est de stimuler l'appétit de consommation du public pour ses produits et ses services. Jusqu'à présent, les sociétés y sont parvenues en introduisant l'idée de compétition sociale: il faut avoir une plus belle voiture que celle du voisin. Mon idée est que, dans l'avenir, les grandes compagnies vont explorer les domaines de la psychopathie pour continuer à nourrir cet appétit de consommation. Ils vont aller chercher du côté des fantasmes et des perversions. Prenons l'exemple de Hollywood: la domination de la violence est évidente. Ce ne sont que des films sur des serial killers. C'est une manière à la fois d'entretenir et de libérer les pulsions du spectateur. Or je suis sûr que les grandes sociétés, Coca-Cola ou McDonald's, vont commencer aussi, pour maintenir l'intérêt du consommateur, à exploiter ce terrain-là. Si vous faites une campagne de publicité avec une jolie fille en bikini, ça n'intéresse personne. Ce que les gens veulent voir, sur l'affiche, c'est une fille nue, cruellement enchaînée, à côté de la dernière Volkswagen.

 

 

 

 

­ Dans «Super-Cannes», des dirigeants de grosses sociétés se livrent à des expéditions punitives contre les Arabes des quartiers populaires pour exalter leur volonté de puissance. Cela signifie-t-il que chaque individu est un fasciste qui s'ignore?


JG Ballard : Et pourquoi, selon vous, y a-t-il tous ces films sur la période nazie? On en voit sans arrêt à la télévision britannique. Des épouses nazies, des docteurs nazis, des militaires nazis. Eh bien, ça fait peur aux gens, mais ça les stimule en même temps. Toute cette grandiloquence, ces uniformes, ces hommes qui marchent. La période nazie a représenté, à mon avis, une flambée de psychopathie paneuropéenne. Les gens ont besoin de violence. Particulièrement dans ces banlieues où ils s'ennuient tellement. Bientôt, ils ne voudront plus voir les nazis sur un écran, mais dans la rue. Tout cela est très préoccupant.

 

(extrait d’un entretien – Nouvel Observateur ; intégralité de l’entrevue ici : http://bibliobs.nouvelobs.com/20090420/12053/jg-ballard-jai-ma-dose-dassassinats-tous-les-jours )



Au fait, cet écrivain est une influence importante de Thom Yorke.


 
Retour à l'accueil

Images Aléatoires

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés