Mysterious Skin (2004)

Publié le par Bardamu






C'est un film sur la pédophilie et les traumatismes plus ou moins conscients qu'elle entraîne sur deux adolescents. L'un, asexué (vieux garçon recroquevillé sur lui même), et l'autre trop sexué (choisissant la prostitution).

Et puis il y a aussi cette soucoupe volante qui survole la maison du premier au début du film. Est ce réel ? Cela justifie une enquête et un travail sur soi même (au passage un rôle mineur féminin tenu par la Chloée O'Brian de 24 Heures Chrono). Et la paranoïa des adultes (l'auto défense omniprésente : on a un fusil dans sa voiture, on s'entraîne sur des bouteilles même en étant une mère de famille) , et cette bourgade de rednecks où tout le petit monde a ses secrets, le bon père de famille vrp qui, en déplaçements, va se faire éponger les génitoires par un lolito négociant ses glabres charmes pour quelques numéraires (et un ou deux bonbons, l'appât, qui peut se retourner contre l'agresseur comme dans Hard Candy et son twist surprenant, et le symbole qui fait plonger la victime), la mère de Neil qui collectionne les aventures, et l'irrumation en dessous de la table pendant le match commenté par quelque vieux libidineux.

Aucun adulte homme dépeint dans le film n'est véritablement digne de confiance : les pères abandonnent leurs progénitures, les hommes sont des boules de vices qui courent les jupons ou les pantalons ; d'autres écument les bars ou les bas fonds pour trouver une proie sur quoi déchaîner ses poings autant que son chibre.

L'entraîneur de base-ball est glaçant dans son incarnation du prédateur sexuel. Il parle d'une voix douce, connaît toutes les ruses pour amadouer une volonté d'enfant (placards remplis de sucreries, jeux vidéo...), il a toujours le sourire et trouve les bons mots pour rassurer. C'est Neil, adolescent, fier d'avoir été le "préféré", le trophée sexuel de choix de son entraîneur, et déçu amoureusement qui surprend par sa cécité sentimentale. Brian est tout aussi touchant dans sa tentative de comprendre.

La dernière scène est là où ils se "retrouvent" et s'achève sur Sigur Rós (comprenez : elle est magnifique). Je pense qu'elle est  assez happyendique tout de même ; néanmoins j'ai lu des critiques  y voyant  juste une pessimiste constatation. Considérant la teneur et la subtilité du film qui montre toujours juste ce qu'il faut, on peut sans doute privilégier la thématique de l'espoir, non? (on est pas chez Gaspard Noé)

Publié dans Cinéma

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