Musique






Relevé dans le dernier Teknikart (j'ai la flemme de vérifier l'orthographe exacte de ce magazine, mais si vous avez l'occasion, lisez l'article intéréssant sur les Eagles), une phrase du rappeur Seth Gecko (l'interprète de l'éloquent "www.troudeballe.com") à propos de son prochain album :

"Je l'ai enregistré en évitant les rapports sexuels pour faire un truc chargé en testostérone. On boxe moins bien avec les valseuses vides."




Dans la file d’attente, devant le Bataclan. Sur une affiche, ceci : « Hot-doguisés : 5,50 euros ».

 

Un type devant moi, rasé de partout, sauf du dessus, où pend, misérable, une queue de cheval. Ca tombe bien, parce qu’il a dans les yeux la même expression que Jolly Jumper. Il a une capuche, aussi. Il en sort une mini bouteille jaune, en forme de citron (allez au monop’, rayon surimi/crevettes, c’est du jus de citron, en fait)…il biberonne un coup et la refile à son acolyte…tiens, ça sent comme de la vodka…il referme et la replanque dans sa capuche…comme c’est astucieux !

 

Shearwater a commencé. Toujours cette élégance dans le jeu. Ces envolées brutales, ces instruments étranges, cette voix qui flotte dans une hypertrophie électrique, qui martèle un peu plus la contrebasse. Le piano décolle en un sublime prologue, une litanie souffreteuse digne d’un Pyramid Song de Radiohead…un peu plus en avant, c’est une lenteur très islandaise…mise à mal par une batterie colossale, furieuse…

Leur musique part dans de larges amplitudes, de longues langueurs, toujours rappelées à l’ordre par des grondements rock latents, féroces…









La foule gronde quand l’obscurité s’invite. A Silver Mount Zion Orchestra. Une violoniste arrive. Les poilus de la salle sifflent, elle lève les bras dans un grand sourire et découvre des buissons jaunâtres. Les sifflements s’arrêtent tout d’un coup. C’est ça aussi, le rock n’roll, messieurs.

 

Ils repartent pour le chanteur et sa touffe tourmentée. Ils prennent place.

 

Les chansons s’étirent en 8, 9 minutes, qui prennent lentement leurs élans pour finir en apothéoses de chaos, de cyclones sonores où tous les instruments meurent les uns dans les autres. Devant moi, un gars sort son Reflex numérique et mitraille une trentaine de fois par chanson Miss Hirsute. A côté de ce monomaniaque, les spectateurs battent tous de la tête, en une transe binaire bi-gestuelle du crâne…

 

Le chanteur parle de cette date du 11 novembre…des soldats tombés à toutes époques pour lancer God Bless Our Dead Marines…superbe tourbillon incantatoire, halluciné, macabre…très peu de lumière dans les orgies sales du post-rock de ces gens de Montréal…on en souffre presque de ces très longs instrumentaux tant ils nous prennent aux tripes et puis arrive la délivrance…des éjaculations bruitistes purement jouissives.




Oui, oui, c'est bien Cantat qui chante...Romain Humeau d'Eiffel lui a prêté main forte, aussi...

Une belle reprise du Temps des Cerises et une superbe chanson Gagnants/Perdants...il parle de la victoire des avides, de Pimpronelle et Nicolas, les marchands de sable, les esclaves, la chair à spéculation...

La chanson s'achève sur une complainte d'harmonica qui file des frissons...

Il revient du passé, et c'est comme si, avec cette chanson, Noir Désir entamait une nouvelle ère...celle qui voit les Bourses s'effondrer, les Etats-Unis élirent un président métis (et démocrate), notre pays gouverné par...enfin, vous savez qui, et puis le PSG qui gagne au Vélodrome en marquant 4 buts...beaucoup de choses ne sont plus les mêmes, Bertrand...



Le texte d'introduction, sur le site officiel :

Bon, qu’on vous raconte un peu l’histoire de ces deux morceaux.

La chanson, « Gagnants / Perdants » a été enregistrée par Noir Désir, en réaction au contexte actuel, politique et humain dans toute l’acceptation du terme. Impossible d’attendre pour la mettre à disposition.

De la même façon ,« Le temps des cerises » est né d’un désir subit, d’une urgence même, il ne s’est pas passé 24 heures entre le fait d’y penser et la fin de l’enregistrement. Sa réalisation avec les personnes qui étaient là dans l’instant est le fruit du naturel, de l’amitié, de l’amour de la musique et de la conscience de ce que représente cette chanson symboliquement dans une époque comme la nôtre aux antipodes de ce fameux « Temps des cerises ».*

Estelle et Romain Humeau, du groupe Eiffel ont immédiatement mis la main à la pâte avec toute leur générosité: il fallait le faire ici et maintenant , pour que toute cette urgence puisse être captée sur le champs. C’est la conviction que l’association de ces deux « histoires » conjuguées a du sens qui nous pousse, sans prétention, à l’offrir dès aujourd’hui en téléchargement gratuit à l’occasion de la réouverture de notre site **.

A part ça, Noir Désir est au travail...

 

 

Le téléchargement sur ce même site officiel est "corrompu" (et il file à la vitesse de la lumière : 10/11 Ko par secondes!) : donc, voici un lien fiable pour télécharger les 2 titres : link



Venant de ma dernière livraison du NME, les conseils de Noel Gallagher d'Oasis pour créer son groupe :

DO

Get a good manager "because it's mega, mega, mega important"

Rehearse religiously five days a week "and if anybody misses it, they're out, fucking end of the story"

Nominate a leader "you can't run a band as a democracy, it cannot be fucking done, you've either got to have two, or preferably one person in charge who's steering the ship or it's a waste of fucking time"

Get girls working for you "they're more trustworthy than geezers [un aigri]; if you have a geezer working for you, his aspiration is to be in the group. Can't have that. Lots of chicks in the office"

Be in a band with a family member "because it's always great to have an ally when it goes off in the bus"


DON'T

Be in a band with a family member "because the person you're most likely to go off on the bus with is going to be your fucking family member"

Let drugs dictate your dress sense "Once you start doing all the fucking wrong drugs, that's when you start dressing like an idiot"

Believe "that anybody you meet, be it people from record labels, radio stations, and particularly people from other groups are doing anything else other than bullshitting your arse. Actually, you should have this written in the fucking practice room:"EVERYONE IS AN IDIOT, APART FROM THE PEOPLE IN THIS ROOM" That's a good fucking thing to lead your band life by"




C'est la fin des vacances et ce blog sortira de son hibernation estivale dès les premières brumes du mois de septembre pour une rentrée chargée en émotions diverses : les concerts de Fleet Foxes, MGMT et Alela Diane en une même soirée à l'Olympia, le concert de Crystal Castles au Point Ephémère, celui des Last Shadow Puppets, l'expo Gainsbourg en Octobre...plein de belles choses en perspective...

En attendant tout cela, voici une petite vidéo qui m'a bien amusé, les Pixies chez Letterman (un irritant présentateur américain), en 1992. Par contrat, les groupes se produisant dans le shox devait jouer avec le groupe officiel de l'émission. Regardez ces joyeux drilles, notamment le petit chauve bondissant et son solo de synthé...







Après quelques mois d'existence, les Smiling Fistules sont déjà bannis dans 67 pays pour gauloiserie excessive et tenues vestimentaires inacceptables.

Cela ne les empêche pas de produire un nouveau single intitulé "Mariage". Un sujet difficile est ici abordé : l'overdose physique de travail d'une fille de joie ayant trouvé l'amour avec son maquereau.

Le hip-hop haut-normand se porte à merveille avec ces hérauts de la sentence médicalo-engagée. D'aucuns ont leurs plumes trempées dans du vitriol. D'autres utilisent des spéculums.













L'homme que l'on nomme Joey Starr est l'auteur d'un très bon mot. Libération a confié à NTM les rênes du journal pour une journée....

Libé : Avez-vous les mêmes espoirs aujourd’hui qu’il y a vingt ans ?

J.S. C’est une marque de vaseline, l’espoir, non ?



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