Mortal Kombat 2 et Killer Instinct 3

Publié le par Bardamu


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C’était la poésie de la mandale, le coucher de soleil du high kick, la sonate au clair de lune du double uppercut – coup de pied circulaire – empalement Katana…c’était…Killer Instinct.

 

Ce jeu avait ridiculisé la concurrence à l’époque et il fallait voir l’attroupement de jeunes gamers devant la borne d’arcade, tous bavant devant les graphismes en – soi disant-  images de synthèse pour l’ultra 64, alors annoncée comme la future console de Nintendo (pour resituer dans le contexte, c’était encore la grande époque des 16 bits ; le mode 7 de Starfox était l’apogée de la technologie « de salon »). On enviait les joueurs fortunés qui s’essayaient à cette baston violente et futuriste (et si j’osais : avant-gardiste). Il n’y avait pas ce parfum de gore limite Cartoon qu’avait Mortal Kombat, c’était une atmosphère plus sombre (bon, atténué quelque peu par des combos interminables pouvant aller à 80 coups !).

 

Toute salle d’arcade possédait sa borne vedette à l’entrée, celle où mettre 10 francs donnait un crédit (et donc une espérance de vie moyenne de 6 minutes). C’était celle qui appelait des « spectateurs », rappliquant pour se rincer l’œil sur les graphismes en parfaite 3D, pour commenter une fatalité, un boss, un niveau. Je me rappelle de la première semaine de Time Crisis, de Mortal Kombat 2, de Daytona USA… La rombière qui tenait l’établissement soupirait d’ennui et s’agaçait de cette meute d’ados s’ébaubir et se gausser en contemplant ces robots-ninjas fightant des aliens ou des dinosaures. Elle restait toujours dans sa petite cage de verre, limant ses ongles, comptant les mouches en attendant un joueur qui viendrait casser son billet pour des pièces destinées à finir englouties dans les entrailles de ces bornes massives et bruyantes.

 

Il y avait toujours ce petit gars chauve et ventripotent sur la borne de Mortal Kombat 2. Je le voyais souvent.  Il paraissait décontracté. Il prenait toujours Sub Zero. Il utilisait un « bug exploit ». Ce personnage pouvait glacer « éternellement » son ennemi à l’aide d’une projection de boule de glace (nous avions une des premières versions de la borne d’arcade). Dès lors, uppercut (moins de 25 pour cent sur la barre de vie tout de même) et glissade quand il retombe (moins 2 pour cent tout de même mais ca faisait pro et cool de le faire). Il répétait la combinaison et remportait tous les combats…jusqu’à perdre contre le quasi invincible deuxième boss de fin : Kintaro. Une brute à 4 bras qui, au moindre taquet de sa part, retirait 30 pour cent de la barre d’énergie (les projectiles ne marchaient pas sur Kintaro, donc sa technique lui était inutile). A ce moment là, mon ami chauve se décontenançait. Il crispait sa figure, tapait nerveusement les touches, glissait la langue à l’orée de sa bouche (signe de concentration extrême). Mais il perdait toujours.

 

En fait, je dois préciser quelque chose : il ne prenait pas Sub Zéro, il prenait Shang Tsung. Ce dernier a la faculté de se transformer en tous les personnages du jeu. Il utilisait donc Sub Zero pour terrasser les adversaires et au moment de la fatalité concluant le combat, il prenait un autre perso. A chaque match, il ponctuait les hostilités par une fatalité : cette mise à mort brutale (décapitation, écrasement, amputation, incinération…) nécessitait une manipulation habile des touches. Par exemple, la fatalité de Jax, le soldat américain black, c’était : maintenir LP (low punch) et faire : avant, avant, avant au corps à corps (la bonne distance était primordiale pour réussir). Ce gars connaissait les manips’ de tous les persos, leurs coups spéciaux, les transformations…absolument tout…

  


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La voix macabre du jeu éructant un « FATALITY » à peine l’ultime gerbe d’hémoglobine tombée au sol, mon petit chauve se retournait nonchalamment, mine de rien. Avec l’air du triomphe plissant légèrement la commissure de ses lèvres. La satisfaction muette et noble du guerrier vainqueur d’une joute ardue. Merde, j’étais impressionné.

 

Je voulais évoquer la mémoire de Killer Instinct et c’est de Mortal Kombat que je parle. C’est pas grave, les deux sont de la bonne came vintage.

 

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Ps : C’est bien beau de faire des dons à l’Unicef ou à Greenpeace mais pourquoi ne pas donner de la voix pour une véritable cause : signer la pétition en ligne pour la création de Killer Instinct 3.  A cette heure, nous sommes presque 2.900 esthètes à la réclamer. Souvenons-nous d’Athalie : « une foi qui n’agit point est elle une foi sincère » ?

 

http://www.petitiononline.com/KI3/petition.html

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Publié dans Jeux Vidéo

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