Cet indicible épuisement
Hier soir, dans un restaurant Flam’s (une enseigne très recommandable, d’ailleurs, les Flammenkueche sont bonnes et à volonté ; on repart bien repus, le bide craquelé de vergetures naissantes).
On s’installe. Une gentille serveuse nous amène les menus. On s’apprête à commander. Il y a une salle au sous sol et un serveur s’engouffre dans l’escalier avec des pichets de bière. Jaillissant de ces profondeurs, une bronca, une mâle rumeur, un fracas d’hilarités viriles s’entrechoquant avec violence au niveau 7,6 sur l’échelle de Richter.
-Vous avez une équipe de Rugby, en bas ?
-(une brève moue de lassitude dans son sourire) Non, ce sont des étudiants en école de commerce…pas des rugbymen…
Un Temps. Au loin, une nouvelle rumeur évoquant une sorte d’appel aux armes de quelque tribu primitive.
(un indicible épuisement dans la voix) En fait, je préfère largement les rugbymen…
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