Shearwater + A Silver Mount Zion - Bataclan - 11 Novembre 2008

Publié le par Bardamu




Dans la file d’attente, devant le Bataclan. Sur une affiche, ceci : « Hot-doguisés : 5,50 euros ».

 

Un type devant moi, rasé de partout, sauf du dessus, où pend, misérable, une queue de cheval. Ca tombe bien, parce qu’il a dans les yeux la même expression que Jolly Jumper. Il a une capuche, aussi. Il en sort une mini bouteille jaune, en forme de citron (allez au monop’, rayon surimi/crevettes, c’est du jus de citron, en fait)…il biberonne un coup et la refile à son acolyte…tiens, ça sent comme de la vodka…il referme et la replanque dans sa capuche…comme c’est astucieux !

 

Shearwater a commencé. Toujours cette élégance dans le jeu. Ces envolées brutales, ces instruments étranges, cette voix qui flotte dans une hypertrophie électrique, qui martèle un peu plus la contrebasse. Le piano décolle en un sublime prologue, une litanie souffreteuse digne d’un Pyramid Song de Radiohead…un peu plus en avant, c’est une lenteur très islandaise…mise à mal par une batterie colossale, furieuse…

Leur musique part dans de larges amplitudes, de longues langueurs, toujours rappelées à l’ordre par des grondements rock latents, féroces…









La foule gronde quand l’obscurité s’invite. A Silver Mount Zion Orchestra. Une violoniste arrive. Les poilus de la salle sifflent, elle lève les bras dans un grand sourire et découvre des buissons jaunâtres. Les sifflements s’arrêtent tout d’un coup. C’est ça aussi, le rock n’roll, messieurs.

 

Ils repartent pour le chanteur et sa touffe tourmentée. Ils prennent place.

 

Les chansons s’étirent en 8, 9 minutes, qui prennent lentement leurs élans pour finir en apothéoses de chaos, de cyclones sonores où tous les instruments meurent les uns dans les autres. Devant moi, un gars sort son Reflex numérique et mitraille une trentaine de fois par chanson Miss Hirsute. A côté de ce monomaniaque, les spectateurs battent tous de la tête, en une transe binaire bi-gestuelle du crâne…

 

Le chanteur parle de cette date du 11 novembre…des soldats tombés à toutes époques pour lancer God Bless Our Dead Marines…superbe tourbillon incantatoire, halluciné, macabre…très peu de lumière dans les orgies sales du post-rock de ces gens de Montréal…on en souffre presque de ces très longs instrumentaux tant ils nous prennent aux tripes et puis arrive la délivrance…des éjaculations bruitistes purement jouissives.


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Publié dans Musique

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