Duchess Says au Trabendo - 25 Avril 2008

Publié le par Bardamu









Il y a quelques siècles, on aurait brûlé cette chanteuse. Pour cas avéré de possession par quelque sbire du Malin.

 

Le regard en une transe de douleur avant d'éructer une plainte sauvage inouïe de violence, se perdant dans un maelstrom, un cyclone, un chaos d'électricité brute et d'amplis malades vomissant des giclées incandescentes. On a les cages à miel en combustion, elles charrient du cérumen fondu à chacune de ces décharges punks au rythme de sa chevelure dansante, de sa guitare-synthé, sorte de kalachnikov-piano bardée de petits pansements sales, masquant difficilement un usage féroce et guerrier de la bête. C’est Duchess Says.




Elle se contorsionne sur le premier rang, nous toise, nous transperce de son regard, elle s'abandonne sur les mains du public hilare et déchaîné, flottante. Au milieu de la fosse, à terre, elle invoque en une scansion malade et furieuse un nouvel orage. Elle s'immole de bière, pour que la foudre du clavier, de la batterie, de la gratte la pénètrent plus en profondeur. Elle saisit un, deux, trois spectateurs. D'autres suivent. On est une vingtaine sur scène à pogoter à la gloire de la duchesse des perruches.

Des jambes non identifiées planent au dessus des têtes, on perd de vue la cantatrice chevelue et rauque. Ah non, elle est là, avec un éphèbe qui l’enlace, en pleine adoration.

 

 

 

Elle minaude sur un beat délicieusement vénéneux et malsain, et puis elle excave un rugissement, alors la batterie explose et les quelques particules encore intactes de nos tympans chavirent dans une apocalypse extatique. Elle a la grâce d'une reine maya, perchée tout en haut, sur la pyramide ensanglantée, celle des sacrifices de canettes de bières sur l'autel saillant de sa poitrine menue, celle de ses plongeons, de ses danses, de son illumination divine qu'elle brandit rageusement de son sceptre magique aux 54 touches noires et blanches.

Alors, elle disparaît derrière un rideau du Trabendo, nous laissant pauvres mortels, bien patauds, bien revenus sur Terre. Des acouphènes bourdonnants nous rappellent l’apparition de la Walkyrie punkoïde. La foule se disperse. Sur la scène, les Converse jaunes de la duchesse baignent dans un étang de sueur et de 1664…


Et voici une petite vidéo filmée par mes soins


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Publié dans Concerts

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