Radiohead - Bercy - 10 Juin 2008

Publié le par Bardamu


Ce qui frappe d’abord, c’est les longues colonnes qui descendent du plafond. Des dizaines de bras pendent, constellés d’ampoules (basse consommation, il va sans dire). C’est comme les branches blanches d’une forêt de lumière prête à s’illuminer. 15 Steps, BodysnatchersIn Rainbows commence. Thom a tout d’un lutin égaré, ses cheveux en pétards pointus, sa barbe d’une semaine, son œil écrasé, son câble de retour son aux oreilles en antenne…

 

Le son pachydermique de la sono de Bercy massacre les premiers titres. Et puis ca s’arrange pour All I need, un superbe crescendo sur la voix cristalline de Thom. Les brothers Greenwood sont fidèles à eux-mêmes, Johnny se planque derrière sa mèche brune qui se balance en rythme avec ses riffs, Colin reste prudemment en arrière, aux côtés de Phil, à la batterie. O’Brien, monsieur classe absolue, en manteau-écharpe, imperturbable, assure un chœur puissant.

 

Pyramid Song suit et malgré ma voisine qui bootyshake sur mes hanches, l’haleine de coyote du lourdaud derrière moi et un karaokiste enthousiaste deux rangées devant, l’émotion passe encore sur l’oratorio trouble d’Amnesiac.

 

Les colonnes giclent leurs rayons, leurs scintillements rouges, leurs chaînes de supernova, contrastant habilement avec les écrans géants en arrière scène diffusant en gros plans les visages, les instruments du groupe, en noir et blanc et d’une image saccadée. Thom s’agite en convulsions, les yeux fermés, il semble créer sa propre tektonik.

 

Pour Dollar and Cents, Thom cite quelques noms de compagnies pétrolières, avec les deux drapeaux du Tibet reposant à côté des amplis. Si ca c’est pas de l’engagement. Dommage d’avoir en mémoire ce navrant épisode d’il y a quelques mois où le groupe proposait des remixes (payants) à faire d’une de ses chansons (Nude). Dommage de constater la recherche perpétuelle du buzz et du coup marketing (les journalistes devaient chercher leurs places pour le concert en vélo ou à pied) ; le cachet est à 500.000 euros et les dates sont rares. Dommage…

 

Après All I need et Pyramid Song, un autre sommet : Videotape. La montée en puissance est moins évidente en live et même sur l’album que sur les premières versions jouées où la batterie faisait décoller le piano et la voix vers des hauteurs insoupçonnées, mais ca reste une des toute meilleures du dernier album.

Avant le classique de The Bends, Just, Thom demande à la grappe d’excités dans les premières lignes de la fosse de se calmer. Ca s’enflamme un peu néanmoins, sans tourner au pogo général. On redescend un peu avec Reckoner, berceuse pop, et Fake Plastic Trees. Ils jouent House of Cards, aussi (comparée aux autres, ca ressemble à une face b).

 

Après le rappel, le magnifique chant de There There, l ‘aria funèbre de How to disappear completely, beau comme un jour de fin du monde et The National Anthem, moins torturé que d’habitude, assez similaire à la version live du mini-album I might be Wrong, en fait. Le dernier rappel nous offre une chanson inédite, Thom seul au piano conte une ballade sombre. Superbe.

 

Il hausse encore l’émotion dans sa voix avec You and Whose Army, qui est peut-être son chef d’œuvre de tristesse. Avec la mini caméra qui capturait ses grimaces (Thom, facétieux collait sa figure à l’objectif) et les lumières, ca donnait une nuance de grotesque se diluant dans la mélancolie absurde des paroles. C’était sublime.

 

Pour le final, c’est Karma Police et Idioteque, des « audience favourites » sans grandes surprises (et justement, il n’y avait pas de « No Surprise », à mon désappointement). Le groupe se disperse. Les lumières reviennent sur les 15.000 spectateurs.

 

Au final, et après un très bon concert, j’ai le désagréable sentiment que les petits gars d’Oxford n’ont plus grand plaisir à jouer. On les a vu assez fermés, hormis les micros galéjades de monsieur Yorke. Ils ont rendu une copie impeccable et bien carrée et peut-être était-ce préjudiciable au final, parce qu’ils ressemblaient plus à des fonctionnaires qu’a des musiciens de rock. Mais bon, vu la taille de l’enceinte, le contact humain n’est guère facilité, c’est sûr.

 

Offspring va bientôt se produire au Trabendo, donc on peut espérer que Radiohead devienne has been comme eux dans les années qui viennent et alors, peut-être, ils referont des petites salles. Ce serait chouette.

 

 

 

 

You and Whose Army :

 

Come on
Come on
You think you drive me crazy, well
Come on
Come on
You and whose army?
You and your cronies
Come on
Come on
Holy Roman Empire
Come on if you think
Come on if you think
You can take us on
You can take on
You and your army
You and your cronies
You forget so easy
We ride tonight
We ride tonight
Ghost horses
We ride tonight
We ride tonight
Ghost horses
Ghost horses
Ghost horses

 

 

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Publié dans Concerts

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