Festival Fragile aux Bouffes du Nord - Shannon Wright en solo - 20 Juin 2008

Shannon Wright a ce visage fermé et tourmenté digne des papesses rétro-punks et proto bruitistes (tiens, même un stagiaire aux Inrocks n’aurait pas osé cette formule) Marianne Faithful et Beth Gibbons ; tout un maelstrom de courants chauds et froids qui se fracassent dans leurs crânes.
Elle se planque derrière de longs cheveux (tiens, Yann Tiersen, avec qui elle a composé un disque à 4 mains, a aussi cette habitude), elle joue dos au public sur sa guitare électrique, elle échange 3 phrases sur sa brève heure et quart de set.
Cela commence par des chansons du dernier album « Let In The Light », au piano. Et dans l’enceinte du Théâtre des Bouffes Du Nord, qui semble sortie d’une époque post conflit mondial, tout en poussières, couleurs grises, sépia d’un cadavre de bâtiment et trous d’obus dans les murs, la communion s’instaure d’un seul coup sur les envolées au piano, sur sa voix écorchée, sur toutes les brûlures, toutes les blessures qui jaillissent de son timbre cuivré, de son souffle toujours à bout de forces, de sa gestuelle crispée, de son pas possédé.
Elle semble envoûtée par une souffrance invisible qui durcit tout son corps, toutes ses paroles.
“Everything must come to an end
Let's stay as long as we can
Everything must come to an end
They'll kill the actor in the end”