Videodrome (1983) - David Cronenberg

Publié le par Bardamu





Videodrome ou le voyage vers la folie, le pouvoir des images, les transformations physiques et mentales après avoir visionné une émission -snuff sequences de tortures - sensée induire le signal "vidéodrome" en une petite tumeur. Ce cheval de Troie cathodique se rend maître de la volonté et rend docile l'hôte.

Les intégrismes des réseaux, la dictature de la pensée unique, les esprits grégaires soumis aux médias bégueyant les mêmes programmes encore et encore sur les mêmes réseaux; la télé, outil de propagande et d'édification des masses en un tout décérébr et mutant. L'infortuné James Woods est l'intrument et la victime de la torture exerçée par le mystérieux consortium. Les frontières entre la réalité et les scènes hallucinatoires sont brouillées constamment. On se perd dans cette manipulation des sens, on suffoque devant james "max renn" woods qui enfourne sa tête dans un écran, qui voit sa main tenant le pistolet devenir monstrueuse, d'une chair nécrosée et gluante, james woods qui ouvre son ventre pour y enfermer une cassette vidéo, qui voit son mobilier respirer, grevé de veines sinueuses, mouvantes...





Ce film, c'est un réquisitoire, dément, féroce et halluciné (littéralement) contre les tsunamis d'images dégobillés par nos téléphones, télévisions, gameboys, ordinateurs (ca a extremement bien vieilli dans la mesure où le nombre d'écrans qu'un être humain moyen peut posséder de nos jours s'est largement multiplié ; même les effets spéciaux ont bien vieilli), à cela se greffe une mise en scène aussi inventive et torturée qu'un bad trip de David Lynch période Eraserhead (c'est vous dire).

Le signal "vidéodrome" (certains disent qu'il existe vraiment et qu'il a été crée par le gouvernement américain pour contrôler la population) serait un mélange de la réeducation par le visionnage de violence d'Orange Mécanique et cet épisode d'X-Files où les habitants d'une petite bourgade reçoivent des ordres subliminaux de commettre des assassinats par l'intermédiaires de tout les écrans qu'ils peuvent croiser...

Moralité : continuez de regarder Louis La brocante et Questions Pour un Champion, là on peut être sûr qu'aucuns signaux bizarres ne s'y dissimulent.





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Publié dans Cinéma

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