Les Promesses de l'Ombre

Publié le par Bardamu

 

Je vous reparle de Cronenberg pour son dernier film: les Promesses de l'Ombre. La mafia russe oeuvrant en terre londonienne. Viggo Mortensen se drape d'une inquiétante sobriété, il écrabouille le malheureux Vincent Cassel de son talent d'éminence grise d'homme del'ombre - justement- le pauvre Vinz' qui baragouine un accent russe incertain pour son rôle de fils raté ; il cabotine un mauvais truand (quite à en faire trop, on préfère Caubère). Cela fait penser à Gangs Of New York: Leonardo est un bon acteur mais il semble bien timoré face à Daniel Day Lewis. C'est un peu le cas ici.

Les scènes de violence sont sèches et artificielles: des corps qui s'ouvrent, des doigts qui se brisent...cela fait un peu carton pâte dans l'outrancier; hormis la séquence du sauna; belle chorégraphie originale dans le genre (merci au réalisateur de n'avoir pas stylisé).

Naomi Watts est un second rôle sans saveur mais sert bien les plats; quel dommage toutefois pour son personnage de la transformer en "love interest".

Le patriarche russe (je ne connais pas le nom de l'acteur mais il est-paraît-il- une figure récurrente chez Fassbinder) s'illustre également avec sa vilaine bouille d'impitoyable parrain un instant, et celle d'un papy gateau organisant de grandes tablées familiales dans son restaurant pour upper classes d'éxpatriés russes.

Viggo et lui sont les deux pièces maîtresses du film. Le bal criminel des faux semblants. Ceux qui jouent à être des chauffeurs et qui dissimulent des corps, ceux qui concoctent des brotschs et qui dissimulent les cadavres...les masques funèbres des hommes promis à finir dans des égouts, la gorge tranchée. Une partie d'échecs avec le fou, le roi, le cavalier, tous réglant leurs comptes par la duperie et la violence.

 

 

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Publié dans Cinéma

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