My Blueberry Nights - Wong Kar Waï

Publié le par Bardamu




 


Il est bizarre le dernier Wong Kar Waï. Ca part dans tous les sens, il y a des moments insipides qui alternent avec des instants de grâce ; des acteurs fades, des actrices très belles…

 

Le casting de Blueberry Nights aussi part dans tous les sens, c’est un peu le syndrome du dernier album de Charlotte Gainsbourg avec des featurings prestigieux d’inattendues figures Indie-vip : Jarvis Cocker, Nigel Godrich, Air…ici, c’est Norah Jones, Nathalie Portman, Cat Power, Rachel Weisz…

 

Cat Power a une petite scène de 5 minutes mais elle est réussie, Natalie Portman grimée en punkette réalise les meilleures séquences du film avec…Norah Jones, la baroudeuse qui navigue de villes en villes, de boulots de serveuses en boulots de serveuses avec son petit air perdu et candide (elle le rend parfaitement et joue très bien tout le  long du film).

 

Les hommes ont la part belle : tromperies, abandons, harcèlement, violence, et même grivèlerie…c’est leurs travers qui orientent le récit.

 

L’ectoplasmique à belle gueule Jude Law (belle performance ici avec au moins 5 expressions faciales différentes), qui tient son Pub, fume la cigarette au ralenti, travaille son regard carnassier, et en fait un peu trop dans le genre « beau gosse ténébreux » (probablement un peu de jalousie dans cette appellation).

Il faut aussi stigmatiser ce tic horrifique de Wong Kar Wai d’utiliser un ralenti saccadé, c’est atroce, c’est kitsch, c’est hideux à regarder et le procédé est utilisé à outrance. On est loin des lentes volutes d’ In The Mood For Love ; on retrouve néanmoins son bon goût musical : Cat Power et Norah Jones (c’est ahurissant de constater l’effet de ces quelques images de nuit et de regards mélancoliques sur ces musiques : cela procure tout de suite de très belles émotions) ; évidemment, on retrouve aussi du bon vieux jazz vintage (Ry Cooder par exemple).

 

L’intrigue a ce côté « collage de vignettes sur succession de courts-métrages » un peu déroutant. Une œuvre artisanale et confuse qui n’a été saupoudrée ni de rythme, ni de légèreté (symboles du métro aérien, de la tarte, des clés…) ; Malgré ces carences, je pense que ce sont les actrices qui sauvent l’ensemble, elles sont belles et magnifiées par leurs passions (qu’elle soient inspirées par la haine ou l’amour).

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Publié dans Cinéma

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