Dexter

Publié le par Bardamu


That's it he's definitely the one. Now it's just a matter of time before he becomes a drop of blood in my glass slide collection.

 




La seconde saison de Dexter s'achève ces jours ci sur un non-cliffangher et je voudrais marquer ma gratitude au réseau Showtime. Je porte encore en mémoire les douloureuses expériences des "season finals" de la grande époque de X-Files, où Mulder paraissait toujours au bord de la mort, un alien invincible s'approchant de lui, un nicotine-man l'enfermant dans une trappe, ou une soucoupe volante le poursuivant...et le bandeau "à suivre"...qui signifiait "rendez vous l'an prochain pour une nouvelle saison"...alors, un sympathique animateur nous apprenait qu'aux Etats-Unis, la nouvelle portée d'épisodes venait à peine de recommencer et que, oui, en effet, samedi prochain, on avait rendez-vous avec une toute nouvelle série qui s'appellait Charmed...de quoi nourrir bien des pulsions suicidaires.

Heureusement, Dexter déroge à ce masochisme cathodique et cloture l'exercice 2007 de très belle manière. Dans cette série, les enjeux des scénarios ont toujours été subtilement valorisés, déjoués, retournés, pourfendus. Nouveau bouc-émissaire, nouvelles romances, une anglaise étrange: Leyla, Rita et ses enfants qui donnent l'impression à Dexter, le serial killer doué de morale, voire la sensation d'appartenir un peu à l'espèce humaine ; des intrigues se nouent aussi dans la haute hiérarchie policière (Dexter travaille au sein de cette entité en tant qu'expert post-mortem).

Avec sa soeur encore, qui s'est révélée moins "cruche" et agacante que dans la première saison. La police de Miami a étoffé ses personnages; il ont plus de cachets, plus d'épaisseur et de ressources; Ils donnent beaucoup de mal à Dexter. Car il lui faut louvoyer à chaque épisode pour qu'on ne le perce pas à jour. Après la découverte de plusieurs dizaines de cadavres au fond d'une baie (c'est lui le responsable), des moyens importants sont entrepris pour connaître la vérité et l'auteur du massacre. Dexter, l'assassin de meurtriers, de dealers, de gangsters (son père lui a appris à contrôler son instinct homicide et à le diriger vers des êtres qu'une justice "traditionnelle" ne peut atteindre) se trouve directement traqué.

C'est un peu l'Etranger qui se voit administrer lui même ces morts, sans vraiment y prendre plaisir, surtout pour apaiser une pulsion. D'une sentence détachée, d'une assertion ironique, amusée, il débusque ses proies et les cisaille, leur épluche les organes, les transforme en sacs poubelles. 

Il est pourtant touché par une crise d'identité au cours de cette saison et il doit la résoudre avant de connaître d'autres tourments : quelques déboires sentimentaux, des interrogations sur son passé, une manipulation experte de ses doutes, et l'enquête qui progresse un peu plus, le rapprochant lentement d'une capture à priori inévitable. Il est rudoyé de bout en bout par les scénaristes du Show et les 12 sessions de ce cru me paraissent même supérieures en qualité à celle de l'année précédente.

Et le pire dans tout ceci, c'est que Dexter est un personnage très attachant...

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Publié dans Séries

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