Sweeney Todd - Tim Burton

Publié le par Bardamu

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Beaucoup de sang, beaucoup de chansons, beaucoup de noirceur. Johnny Depp, le regard halluciné, incarne la folie vengeresse d’un barbier revenant du bagne. Helena Bohnam Carter, sorcière pâtissière, s’éprend de ce grand escogriffe spectral obsédé par ses représailles tranchantes (tel un cavalier sans tête ou un homme chauve-souris…).

 

Le méchant du film, joué par Alan Rickman est un juge. Quelle belle ressemblance avec Sweeney Todd, le bourreau de l’humanité. Les deux personnages se complètent et se conjuguent dans leurs invincibles misanthropies (« tout homme est coupable »). Le chœur gothique des ritournelles, à peine atténué par des pointes d’humour macabre, souligne des métaphores dignes de tragédies grecques : l’inceste d’un père voulant épouser sa fille, l’Oedipe d’un garçon, les hommes mangeant les hommes.

 

Un peu trop de mélopées, pas toujours mises en scènes subtilement (le couplet « je hais tout le monde » par exemple, digne d’une production Walt Disney – même si c’est dans ces studios que Tim a débuté). On perçoit néanmoins une atmosphère digne du château d’Edward : les fangeux égouts londoniens, les ruelles sordides, enfumées d’effluves méphitiques, les bougresses édentées, le ciel bistre constipé de nuages malades, les bourgeois dégobillant leurs mépris. Nul (ou presque) n’est exempt des souillures inhérentes à l’humaine condition.

 

Tim Burton s’amuse avec les flash-back d’un temps jadis heureux, ou d’une utopique famille unie. Alors, les couleurs vives over-saturées nous rappellent à l’impossibilité même de ces desseins.

 

C’est un film fascinant qui ne fait pas grand-chose pour être agréable au spectateur et qui est réjouissant par sa nature profondément pessimiste.

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Publié dans Cinéma

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