A Very British Gangster (2007)

Publié le par Bardamu

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« Dominic Noonan, 37 ans, dont 22 en prison, est à la tête du clan le plus puissant de Manchester. Il règne en maître sur les gangs de la ville, a sa part dans tous les vols, les rackets, les trafics. Il est aussi pour les habitants du quartier un protecteur, un juge et un justicier. Pour la première fois, le parrain a accepté de se confier à un cinéaste. Dominic a ainsi intégré Donal MacIntyre au sein de son gang pendant 3 ans »

 

[Présentation du DVD – sortie le 7 Février 2008]

 

 

Dominic Noonan a la tête d’un responsable « rayon surgelés » d’Auchan. Rondouillard, lunettes vissées, petit sourire en coin. Et c’est l’une des cibles prioritaires de la police de Manchester. Derrière la facade respectable, il est lié à de multiples affaires de chantage, racket, torture, braquages et autres règlements de compte. Une figure de la pègre mancunienne.

 

Le documentaire le suit. Le sillage qu’il traine, c’est une meute d’adolescents au regard mauvais, coupés au carré et costards, cravatés. Le monsieur est poli, affable, presque maniéré. Il glisse des sous entendus, des euphémismes, des paraboles pour nous faire entendre la nature de ses méfaits. C’est pas beau à imaginer.

 

Il est soi disant rangé. Et pourtant, quand il voit un fourgon bancaire, il « a la trique ». Il fait la loi dans sa zone, tous les quartiers délabrés en périphérie, il officie en tant que médiateur en cas de conflits. On vient le voir pour une querelle de voisinage. Il passe un coup de fil, sort 3 phrases. Le problème est réglé. (Escobar en Colombie avait la même importance, il donnait beaucoup d’argent aux hôpitaux et aux pauvres - on lui voue un culte à présent)

 

Avant, c’était un videur de boîte de nuit. En Angleterre, les cerbères de clubs ont la main lourde et le moindre prétexte est bon pour dégainer la taloche. Je parle d’expérience (même les filles ne sont pas à l’abri de la brutalité de ces sentinelles larges, chauves et gonflées aux stéroïdes [dans la plupart des cas, c’est l’apparence-type] ; les bastons du vendredi et samedi soir, c’est une vision banale, les Kaiser Chiefs ont en fait une chanson : « I Predict A Riot » - un bon sujet pour un futur Raymond Depardon ?).

 

Des gangs de petites frappes essayaient de passer la lourde sans casquer. Il les a « mis au pas ». Il s’est pointé un jour dans un Pub où un des gangs avait ses habitudes. Un clébard hurle. Mais c’est pas trop grave parce que Dominic est venu avec une machette. Il décapite le canidé. Il entre dans le Pub, balance la tête sur le billard : « La prochaine fois, ce sera une tête humaine ». Il repart. Le problème est réglé.

 

Le réalisateur lui demande : « J’ai l’impression que tu es plutôt banane que figue, je me trompe ? ». Subtile métaphore pour signifier son homosexualité. Il acquiesce. Une tentative d’explication de sa part, c’est les viols quotidiens subis dans sa jeunesse par une poignée d’adolescents. Mais il s’empresse de nous rassurer. Il les a tous retrouvé. Il a retrouvé le meneur. Et « il leur a fait très mal ».

 

On assiste à deux funérailles dans le film. Elles sont pharaoniques et démontre en quelques images la puissance de ce syndicat du crime. Les écoles à proximité du convoi funéraire sont fermées. La police a dépêché plusieurs unités pour aider à la circulation. Musique traditionnelle, foule nombreuse…dans le solennel de l’évènement, toute la peur cristallisée de la ville.

 

A côté de cela, la marmaille Noonan et les cascades de losers qui les suivent. On leur demande s’ils connaissent la différence entre le bien et le mal. Ils s’esclaffent. Ils ne savent pas lire, alors les questions de morale…Mais ils savent compter. Alors ils sont prêts à faire de la prison pour palper. Et même à défourailler, s'il le faut.

 

 

« -Dominic, avez-vous déjà tué ?

-(sourire entendu) Si je réponds à cette question, je vais direct en prison. »

 

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Publié dans Cinéma

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