The Wombats + Cage The Elephant - Trabendo 23 Mars 2008

Publié le par Bardamu



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En sortant de la bouche de métro, c’est le parc de la Villette. Un décor de fin du monde. Une sorte de grande gare déserte et mal éclairée. Les bâtiments fuient leurs lignes au loin, dans une obscurité presque totale. Il y a 3 silhouettes improbables qui flottent là bas. Le bruit de la ville semble étouffé. Le parc est tout aussi austère. De rares lumières blafardes parsèment le parcours. Et puis, le Zénith de Paris. Et puis une sorte de phare rougeâtre. Un gros cube  rouge. C’est le Trabendo.

 

La salle est complètement loufoque dans sa conception. On ignore réellement où se trouve les séparations entre la fosse et l’arrière-salle. Des petites marches, des colonnes, des escaliers en biais qui dominent la vue, la possibilité de voir la scène de côté, les musiciens de dos ; des diagonales partout, des angles bien abstraits pour une arène rock. Ca rend le décor très original et presque…intimiste.

 

 

Cage The Elephant en ouverture, c’est un combo punk de jeunes gandins venu des states. Ils bondissent sur les amplis en se tordant leurs petites bouilles glabres, transformant la fosse en une masse hystérique. C’est un gros coup de vieux pour les trentenaires de la salle. Le chanteur est un fils (encore un) de Charles et Caroline Ingalls avec ses cheveux longs couleur paille; il saute comme s’il n’y avait plus de bois à couper ou comme si Monsieur Albert avait disparu (oh, même s’il doit ronfler un 20 ans d’âge dans quelque botte de foin). C’est nerveux, ca dure 2 minutes en moyenne par chanson, c’est une présence électrisée qui réduit la scène à une surface de timbre-poste. Dommage, le nom du groupe est grotesque (bon, s’il n’y a que cela à jeter, ca va encore).

 

http://www.cagetheelephant.com/site.php?content=home

 

 

 

Entracte embiéré. Les teenagers semblent survoltés. Tiens, la musique de fond qui commence, c’est les premières notes de Delivery des Babyshambles, on entend un « Woooo » généralisé parmi les punkettes du public, tout de suite en chaleur à l’écoute de Pete Doherty (avec Amy Winehouse, on pourrait appliquer l’aphorisme de Desproges à propos de Gainsbarre : « le seul génie qui ressemble à une poubelle » ?). On n’attend pas très longtemps.

 

Les Wombats sont un peu la coqueluche du public anglais ces temps ci. Let’s Dance to Joy Division est un single imparable et sa rotation permanente sur les radios les ont propulsés dans les hautes sphères. Ils aiment bien chanter des paroles joyeusement crétines sur des riffs électro-isés que ne renieraient pas des Klaxons. Un trio de demi-geeks arty plutôt sympas qui ont bien échangé avec le public (tout le contraire de The Coral). Kill The Director, c’est une chanson au refrain enjoignant l’homicide du réalisateur de The Holiday (une romance moderne et sinistre avec Cameron Diaz, Kate Winslet, etc.).

 

C’est décalé et rock n’potache. Problème : ca se ressemble un peu trop au fur et à mesure du concert. L’énergie qu’ils distillent est bien là et la meute d’indie-kids pogotte comme il se doit ; pas de problème là-dessus, j’ai juste l’impression d’entendre la même ritournelle punk saupoudré de quelques épices électro à chaque fois. Ca manque peut-être d’un peu plus de folie pour qu’on entre vraiment dedans (à 3, c’est pas simple non plus de ne pas être statique).

 

 

http://www.thewombats.co.uk/home.php?/home

 

 

 

Au fait, un wombat, c’est un petit marsupial herbivore qu’on trouve en Australie. Il se sert de son arrière train pour écraser ses adversaires contre les parois de sa tanière ! Une technique à essayer chez soi, donc.



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Publié dans Concerts

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