Looking For Mister Castang - Edouard Baer et sa troupe - Marigny - 3 janvier 2008

Aux portes du théâtre Marigny, dans les frimas, un acteur en robe et perruque blonde s’esclaffe : « vin chaud pour tout le monde, c’est gratuit, ça réchauffe, c’est une idée d’Edouard ! Vin Chaud ! Vin chaud ! ». C’est un accueil soigné. Nous gagnons le deuxième balcon, fauteuils rouges, dorures, une ouvreuse accorte (ce n’est point banal)…
C’est un grand et merveilleux bordel féérique, saugrenu, potache, musical…la fille d’Indiana Jones dans la jungle qui joue du fouet face à des figures du cinéma, de Marylin Monroe à Dark Vador ; un peu après, c’est un philosophe africain qui déclame des pensées cocasses et abstraites…puis, c’est un agent de voyages pour Bollywood en comique de répétition, un comédien piteux qui flamboie sa sortie sur du Cyrano De Bergerac…
Toujours dans la jungle, un commandant Marcos d’opérette chante, avec Edouard Baer, en maître de cérémonie que « La Dictature, sous certains aspects, n’est pas toujours forcément positive »… Luigi, le héros, perd littéralement la tête, il faut en trouver un autre…un maître chien arrive, avec un vrai chien…ce dernier cabriole, bondit, fait le mort…
Pantomime avec une secrétaire surréaliste, un Mister Castang, producteur de légende, que tout les personnages attendent, révèrent, recherche, tel un Godot omniscient…un captain’ Igloo séduisant toute les filles, un Nosferatu réclamant un « cadeau » dans une ambiance de Château de forêt roumaine, et on repart sur une chanson, sur des confettis, sur un ours bagarreur, sur un prêtre pygmée à la sarbacane incertaine, sur des faux agitateurs dans le public qui importunent quelque fausse spectatrice…
Edouard Baer, quelques instants auparavant, est passé derrière une des grandes valises du décor, il est de dos et il montre du doigt une étoile…il est dans l’obscurité…et soudainement, au premier balcon, surprise, c’est lui ! Lumière du projecteur, musique retentissante, il arrive, tel bebel au galop, pour sauver la donzelle, époumonant une ou deux salves spirituelles étouffées dans son pouffement si caractéristique…le faux Edouard Baer, sur scène et toujours de dos, s’éclipse…