Police - Maurice Pialat (1985)

Publié le par Bardamu







Sur une idée originale de…Catherine Breillat…Depardieu, le flic bourru, castagneur, à l’humour bas de ceinture, à la grande gueule biscornue…Vic Mac Kay de The Shield en titi parisien et au tarin en péninsule pendant les eighties, ça mérite un coup d’œil !

 

Anconina sert les plats benoîtement, Sandrine Bonnaire essaye de jouer à la catin canaille, petite rose du bitume, putain sensible…on y croit autant que si Catherine Frot incarnait Nancy, la femme de Johnny Rotten…

 

Depardieu a été le seul à ne pas s’engueuler avec Pialat sur le tournage, ce dernier étant fidèle à sa réputation d’emmerdeur tyrannique… (à Anconina : « Tu es le plus mauvais acteur que je connaisse », il se venge de Bonnaire - pas assez disponible à son goût - en mutilant  ses prestations au montage, il embrouille Sophie Marceau en lui donnant des indications contradictoires, il oblige Depardieu à la frapper réellement lors des scènes violentes…).

 

Mais son personnage, l’inspecteur Mongin, offre une belle résonnance à cet être « larger than life » qu’il peut être dans la vie et à la solitude de son génie…dans une composition virtuose du niveau de ses collaborations avec Truffaut, Resnais, Blier…le dernier plan, magnifique, hante encore…

 

Sophie Marceau marmonne, minaude, emberlificote tout son petit monde : les truands, l’avocat, les policiers…dès son apparition, le ton vaguement réaliste des interrogatoires et de la vie de flic emprunte un tout autre sentier, bien plus périlleux, d’ailleurs, celui de romances poussives et maudites, de mensonges, de flambeurs, de trahisons, de serments de bandits…tous acteurs du Milieu, tous se courant après, se cognant…avant, parfois, d’avaliser quelque trêve autour de la même table…voyous et pandores, reflets l’un de l’autre…attirés par les mêmes femmes, respectant des règles quand cela ne les dérange pas trop (du code pénal au code d’honneur, il y a quelques fractures, quelques interrogatoires…)

 

Face à elle, Depardieu craquèle son vernis, il est crevassé d’attentes, domptant ses fantômes dans des coups d’un soir, dans un éthylisme prononcé, dans des accès de brutalité…alors, il supplie, il quémande, il se donne, tout entier…

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Publié dans Cinéma

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